Depuis quelques jours déjà, la police du comté de Louisville était débordée d'appels ! La Garde Nationale avait été déployé suite à de nombreux incidents dans la région et il semblait que la situation devenait incontrôlable. Au poste, on nous avait parlé d'une épidémie de «grippe virulente» et notre mission était de faire respecter le couvre-feu et d'empêcher tous débordements. A Irvington, l'essentiel de la population respectait le couvre-feu... comme dans la plupart des villes de la région. Pour autant, on nous avait informé que l'armée avait installé une zone d'exclusion afin d'empêcher toute personne de quitter le comté. Les hommes du poste de police avaient été mobilisé pour tenter de rassure la population. On nous avait demandé d'être relativement vigilant et de signaler toute personne ayant présenté des signes de la grippe.
Dès la prise de mon service, nous étions, Mark et moi, appelés pour une bagarre qui avait dégénéré au 404, Long Street. C'était un bar miteux qui n'aurait logiquement pas dû être ouvert à cette heure à cause du couvre-feu. A notre arrivée, la victime, déjà prise en charge par l'ambulance, avait semble-t-il était frappé au visage. L'auteur des faits avait été interpelé par l'autre patrouille et directement conduit au poste. La nuit commençait plutôt mal et j'escomptais sur le couvre-feu pour que les gens ne soient pas de sorti... De plus, avec Mark, nous étions quelque peu inquiet sur la situation actuelle mais je dois avouer que je n'étais pas au mieux de ma forme. Heureusement, notre vacation fût interrompue par un appel du Shériff sur la radio : «Ici le Shériff Simons... Ordre de retour au poste pour toutes les unités en patrouille.» ! Cet ordre était le bienvenu...
De retour au poste, un militaire, dans son bel uniforme d'officier, nous demandait de quitter le service et de rentrer chez nous. Aucunes informations ni explications.

Cinq jours ont passé... et la situation a évolué ! Un message d'alerte a été diffusé deux jours après notre mise de côté, sur les télévisions, les téléphones, les radios et même sur mon PAM-PAM. Les informations faisaient état d'une infection grippale virulente. Le cordon sanitaire aurait été durcît et des évacuations engagées. Le ravitaillement n'arrive plus et plus personne ne sort de chez soi. Je ne sais toujours pas ce qu'il se passe réellement... Certains de mes voisins avaient quitté la ville dès les premiers évènements et je faisais parti des derniers encore présent à cause de mon travail...
Alors que je m'approche de la table dans la salle à manger, je vois la lettre d'Evelyne. Je l'ai reçu il y a environ une semaine et je ne l'ai toujours pas ouverte... Que me voulait-elle ? Pourquoi m'avoir écrit une lettre ? Cela faisait presque deux ans que nous n'avions plus d'échanges et... cette lettre !
J'avais suffisamment attendu et je décidais finalement de l'ouvrir.
Dans son message, elle évoquait notre rupture mais surtout, ses inquiétudes sur l'épidémie de grippe. Elle expliquait vouloir rejoindre Louisville, selon les instructions de l'EAS, pour évacuer le comté mais comme nous l'avait dit l'officier de la Garde Nationale, il était probablement déjà trop tard pour cela.
En effet, la situation semblait être désormais incontrôlable et je m'inquiétais à mon tour pour elle. Son mot me rappelait les moments passés ensembles... et... notre petit Charlie. Je devais la retrouver, la rejoindre !
C'était donc décidé... Rapidement, je m'équipais de mon holster et de mon arme de service, j'enfilais ma veste et enfin j'empoignais mon sac. Dans la cuisine, je récupérais quelques aliments et une bouteille d'eau pour le voyage. Je ne savais pas ce qui allait m'attendre et je me devais d'être paré à toutes éventualités.
Après de brèves pensées en inspectant les pièces de l'habitation, lesquelles me faisaient ressurgir de très nombreux souvenirs, je quittais la maison, pour ne potentiellement plus y revenir.

A l'extérieur, c'était le chaos le plus total. Des véhicules accidentés, des corps et un silence effroyable faisaient régner une atmosphère pesante. Le silence était malgré tout interrompu par les grognements de gens malades qui déambulaient dans les rues. Par précaution, je ne m'en approchais pas. En vérité, j'étais quelque peu effrayé et mon ignorance amplifiait cette peur. Mais je devais continuer et rejoindre le poste de police. La-bas, je pourrais

La nuit ajoutait à cela une ambiance inquiétante mais fort heureusement, j'avais une lampe torche pour me déplacer sans être surpris. Chaque maison, chaque porte, chaque véhicule pouvait dissimuler une personne infectée et je devais à tous prix les éviter pour ne pas risquer d'être à mon tour contaminé. Surtout que je n'étais pas malade !
Je décidais alors d'avancer prudemment, et d'esquiver tout individu présentant des symptômes ou suspect à mes yeux. Au plus fort de moi, j'espérais retrouver mes collègues au poste de police...

Après quelques minutes de marche -
je vivais à quatre rues du poste de police- j'arrivais enfin devant l'établissement. Les lumières étaient toutes allumées, la porte fermée mais non verrouillée. Alors que j'entrais par l'accueil du bâtiment, je constatais que ce dernier était apparemment vide. Aucun de mes collègues n'était présent...

Mais, alors que j’avançais dans les bureaux, un homme se mit à frapper de manière virulente à la fenêtre arrière... soudain, la vitre céda et l'homme se faufila par l'ouverture. Il n'était pas seul et un autre individu, une femme apparemment se jeta à sa suite dans ma direction.
Rapidement, j'équipais ma hachette et dans l'optique de les repousser, somma les deux personnes de ne plus avancer. Malgré mes sommations, le premier individu se jeta sur moi et dans un élan de défense, je lui donnais plusieurs coups à la tête.
Dans une incompréhension totale, le second se leva et fonça à son tour dans ma direction. Ni une, ni deux, je lui octroyais également des coups de hachette.

Après cela, je ne comprenais toujours pas la situation... Je venais de massacrer deux personnes et alors que je me rapprochais de ma première victime, je réalisais qu'il s'agissait de Mark, le même Mark avec lequel je patrouillais cinq jours auparavant. Mais que lui était-il arrivé ? Pourquoi avait-il voulu m'attaquer ? Et surtout, pourquoi ne s'était-il pas stoppé à ma vue ?
Une grippe qu'ils disaient ? Je doutais désormais sérieusement de notre gouvernement... Pourquoi nous abandonnaient-ils ? Que se passait-il réellement dans le comté ? Dans le Pays ?
Il me fallait faire vite. Quitter la ville et retrouver Evelyne ! C'était mon seul objectif désormais !
Rapidement, je fît le tour du poste de police afin de récupérer tout ce dont je pourrais avoir besoin.
A l'étage, la cellule était vide... l'auteur de la bagarre avait apparemment été relâché depuis le temps.
Dans les bureaux, il n'y avait pas grand chose non plus et surtout, je ne parvenais pas à ouvrir l'armurerie. Probablement que le Shériff en avait changé le code. Ce n'était pas grave, il y avait du matériel et de l'armement dans les véhicules de service normalement... mais, les véhicules étaient dans le garage et je n'avais pas trouvé les clés.

Alors que je fouillais l'étage, je trouvais une petite note, certainement de l'un de mes collègues. Il y était inscrit la présence de personnes contaminées tout autour du gymnase. Autant dire que je ne me rendrais pas dans cette zone...

Après quelques minutes de fouille, et alors que je m'apprêtais à quitter le poste, je vis sur le bureau à l'entrée, un mot du shériff qui m'indiquait l'emplacement des clés pour les véhicules de service.
Le shériff était vivant et cela me rassurait. Comme je prévoyais de quitter Irvington pour rejoindre Evelyne, je décidais de lui écrire un mot.
En quittant le poste, je verrouillais la porte et me dirigeais vers les garages. Sur mon trajet, un nouvel infecté, en uniforme... C'était l'agent Aîda Gant, une nouvelle recrue arrivée deux mois auparavant. Elle m'avait marqué par son sérieux et sa gentillesse. En effet, elle apportait une fois par semaine des beignets et des donuts pour tous les agents. Cela m'attristait...
La pauvre femme était complètement défigurée... et à ma vue, elle s'était redressée et avait foncé sur moi. J'entrais rapidement dans le garage, esquivant Aîda.
Une fois à l'intérieur, je m'attelais à prendre tout le matériel nécessaire à mon voyage. Les personnes infectées semblaient faire l'objet d'une agressivité accrue, sans possibilité d'être raisonnées. Je devrais donc éviter toute personne présentant une infection pour ne pas être à mon tour, assujetti à cette maladie.
Quatre fusils, des munitions et quelques armes blanches me seraient très utiles ! Maintenant, il fallait que je sorte le véhicule de patrouille et... malheureusement, je devais neutraliser la bleue !
Alors que j'ouvrais la porte du garage, Aîda qui était à proximité s'élança vers moi. Sans réfléchir, je lui portais un coup au crâne qui la fît basculer. Pour éviter quelle ne se relève, je lui assénais deux autres coups bien placés.

Pour quitter Irvington, je devais passer par la station et faire le plein de carburant. mais, alors que je remplissais mon bidon, un bruit de communication radio se fît entendre. Des militaires ? ici ?
Rapidement, je plaçais mon bidon rempli dans le coffre et saisissais mon pistolet... De nul part, un militaire surgit à une cinquantaine de mètre de moi. Il ne m'avait pas vu mais lorsque je lui ai demandé de baisser son arme, il l'a levé et échangé une communication radio; certainement avec son unité dans le secteur...
Sans réfléchir, je me précipitais dans mon véhicule et démarrant rapidement, je quittais la station !
(A suivre ...)